Août 2021

Nous basculons par-dessus bord, dans une grande gerbe d'éclaboussures, en direction des profondeurs. La thermocline est violente ! Nous passons de 30° sur le pont à 13° au fond en 2 minutes d'une descente qui va en s'accélérant. Le but de cette plongée est de filmer le mystérieux et rare Corail noir de méditerranée.

Nous arrivons finalement au sommet d'une roche imposante par sa superficie, survolée par des nuages d'Anthias, entièrement recouverte par les Gorgones géantes, les éponges et autres organismes sous-marins. Nous nous stabilisons juste au-dessus, à la limite du tombant qui rejoint le fond bien plus bas.

Phares de plongée allumés, nous fendons l'eau bleu sombre d'un trait lumineux révélant une palette de couleurs exceptionnelles. Les Anthias nous ouvrent la route, poussés par le rayon de lumière. En quelques coups de palmes, nous atteignons un petit Chapon qui est posé sur un mini pic rocheux. Il redresse de manière belliqueuse sa nageoire dorsale. Soudain, sans raison apparente, les Gorgones disparaissent dévoilant la roche. Celle-ci est recouverte par un manteau de spongiaires multicolores de formes variées. Nous continuons tranquillement notre progression pour atteindre une autre partie recouverte, elle aussi, par de belles Gorgones rouge et jaune. ou un beau Spirographe déploie son panache branchial à l'abri de l'éventail d'une Gorgone.

En balayant l'espace rocheux autour de nous avec le faisceau de nos lampes, nous cherchons vainement le mythique corail noir qui pour l'instant se refuse à nous. Nous repartons en direction d'une zone qui parait prometteuse, car moins dense en Gorgones. Nous avons remarqué, lors de précédentes plongées, que lorsque le corail noir est présent les Gorgones sont beaucoup plus espacées.

À un détour de roche, sur une petite butte, la blancheur éclatante d'un buisson de Corail noir accroche soudain mon oeil. Ses branches noires et graciles portent des polypes duveteux d'un blanc éclatant. À ses pieds, des spongiaires jaunes et oranges rehaussent sa blancheur. Une Salmacine a élu domicile au creux d'une des nombreuses ramifications. Plus loin, tels des spectres d'outre-tombe, d'autres buissons se dessinent sur le fond bleu nuit.

Nous décidons maintenant de descendre plus bas le long du tombant en direction d'un filet corseté par une gangue de concrétions. À flanc de roche, d'autres buissons aux branches effilées se disputent l'espace. C'est magique. La blancheur mystique des polypes tranche sur le bleu profond qui nous entoure. Les branches très fines oscillent lentement au gré des mouvements de l'eau. Les Anthias ajoutent à ce spectacle une touche colorée.

Il est déjà temps pour nous d'entamer la longue remontée vers la surface. Nous décollons à regret quittant ce paysage onirique. Petit à petit, le fond s'efface et est remplacé par le bleu. Coup de palme après coup de palme, le premier des paliers est enfin atteint. C'est maintenant le temps de l'appropriation. En effet, rien n'est plus volatile que les souvenirs d'une plongée. Il faut profiter des différents paliers pour mémoriser la plongée en repassant en boucle les moments marquants. C'est aussi une préparation au retour à l'air libre et à son agitation.


Une étendue couverte de buissons avec des rameaux fins, longs et flexibles couverts de polypes d'une blancheur irréelle ondule au grès des courants. C'est le corail noir le mal nommé. Pourvu d’un squelette en kératine de couleur sombre allant du marron au noir, il peut atteindre une taille proche des 2 mètres.

On le rencontre sur les fonds rocheux, coralligènes et même sur les structures métalliques comme les épaves. Il n’a pas recours à la photosynthèse pour sa croissance. Cette caractéristique lui permet de vivre dans les milieux peu lumineux ou profonds. Il ne supporte pas une température supérieure à 16°C.

C’est un filtreur passif, qui dépend des courants forts pour se nourrir de proies planctoniques.

Les colonies ne sont pas fertiles quand la température de l'eau est en dessous de 14°C. En revanche, elles le deviennent vers le mois d'août quand l'eau est plus chaude. Il se reproduit principalement par pontes : les œufs et le sperme sont libérés dans l'eau où a lieu la fécondation. Il est probable qu'il a un second mode de reproduction. Celle-ci serait asexuée. Il se ferait par détachement de polypes. Le corail noir est connu pour avoir une croissance lente et une longévité importante.

CORAIL NOIR

Le mystérieux corail noir, légende ou réalité ? Nombreux sont les plongeurs qui en ont entendu parler. Seuls quelques chanceux, au détour d’une roche, l’ont croisé. Cette plongée va nous permettre d'aller à sa rencontre et de vérifier s’il mérite sa réputation.

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