Comprendre le jeu de rôles

Pour comprendre les rôles écologiques, suivons d’abord ce qui se passe dans la mer. Les plantes et les algues fabriquent de la matière grâce à la lumière. Cette matière nourrit des animaux, puis d’autres consommateurs. Les restes sont à leur tour utilisés et transformés. Les herbiers et les récifs fournissent aussi des lieux de vie. Ces fonctions se croisent : une même espèce peut en remplir plusieurs.

Les producteurs primaires fabriquent la matière organique

La posidonie et les algues fabriquent des sucres par photosynthèse, la production de matière à partir d’eau et de dioxyde de carbone grâce à la lumière. Elles utilisent aussi des nutriments, des éléments nutritifs disponibles dans le milieu, pour grandir.
Ce sont des producteurs primaires : ils font entrer dans le réseau alimentaire de la matière qui pourra nourrir d’autres organismes. Cette matière peut être consommée vivante, libérée dans l’eau ou devenir un débris après la mort de l’organisme. Le phytoplancton, les organismes microscopiques photosynthétiques en suspension dans l’eau, assure aussi cette fonction. Certains combinent la photosynthèse avec la consommation d’autres organismes ou de matière organique : cette nutrition mixte est appelée mixotrophie.
La posidonie, des algues et des organismes microscopiques photosynthétiques : plusieurs formes de producteurs. L’encart est un agrandissement schématique, sans échelle commune.
La posidonie, des algues et des organismes microscopiques photosynthétiques : plusieurs formes de producteurs. L’encart est un agrandissement schématique, sans échelle commune. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les ingénieurs de l’écosystème marin

Entre les feuilles d’un herbier de posidonie, des animaux trouvent des espaces pour se déplacer ou se cacher. Les feuilles portent aussi de petits organismes fixés. Sous le fond, les rhizomes, les tiges qui s’étendent dans le sédiment, et les racines contribuent à le maintenir.
On parle d’organismes ingénieurs lorsqu’ils modifient physiquement le milieu et créent des conditions utilisées par d’autres. Le terme décrit leur effet ; la plante ne construit pas avec une intention. La posidonie est à la fois productrice et créatrice d’habitat.

Les coraux qui construisent des récifs tropicaux créent une structure où vivent d’autres organismes. Dans certaines eaux tempérées, de grandes algues brunes forment des forêts sous-marines. Ces habitats ne sont pas identiques à un herbier, mais leur structure fournit aussi des lieux de vie.

Un herbier de posidonie forme des espaces utilisés par d’autres animaux. La coupe du fond montre des tiges et des racines.
Un herbier de posidonie forme des espaces utilisés par d’autres animaux. La coupe du fond montre des tiges et des racines. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les herbivores marins et la végétation

La saupe adulte broute des algues et des feuilles de posidonie. L’oursin violet consomme notamment des algues. Ce sont des exemples d’herbivorie, la consommation de végétaux ou d’algues par des animaux.
Une partie de la matière végétale entre ainsi dans le corps des consommateurs. Le broutage peut aussi modifier la quantité d’algues ou la place disponible pour d’autres organismes. Ses effets changent avec l’intensité de consommation et la croissance de la végétation.
La saupe adulte et l’oursin violet consomment notamment de la végétation marine.
La saupe adulte et l’oursin violet consomment notamment de la végétation marine. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les organismes filtreurs

Une moule méditerranéenne retient des particules apportées par l’eau. La filtration lui permet de se nourrir d’une ressource en suspension, c’est-à-dire qui se trouve dans l’eau sans être posée sur le fond.
De la matière de la colonne d’eau, l’espace d’eau au-dessus du fond, rejoint ainsi un animal fixé. Une partie peut ensuite passer à ses prédateurs ou rejoindre le sédiment dans ses rejets. D’autres animaux filtreurs ont une organisation différente : éponges et moules n’utilisent pas les mêmes structures.
La moule méditerranéenne retient des particules alimentaires transportées par l’eau. La coupe et les flèches sont schématiques.
La moule méditerranéenne retient des particules alimentaires transportées par l’eau. La coupe et les flèches sont schématiques. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les prédateurs et leurs proies

Le poulpe commun capture notamment des crustacés, des animaux tels que les crabes, munis d’une enveloppe externe et de pattes articulées. La prédation est la capture et la consommation d’une proie. Elle apporte de la nourriture au prédateur et retire des individus à la population de proies.
Le nombre de proies dépend aussi de leur reproduction, de leurs autres prédateurs et du milieu. Observer une capture ne suffit pas à mesurer l’effet du prédateur sur toute la population. Un prédateur peut lui-même devenir une proie.
Le poulpe commun et un crabe, représentés séparément pour illustrer une relation possible entre prédateur et proie.
Le poulpe commun et un crabe, représentés séparément pour illustrer une relation possible entre prédateur et proie. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les superprédateurs dans le réseau alimentaire

Le thon rouge de l’Atlantique consomme des poissons, mais aussi d’autres animaux selon sa taille et les ressources rencontrées. Pour comprendre sa place, on peut suivre ce que ses proies ont mangé auparavant.
Un niveau trophique est une position dans les relations alimentaires. Les grands prédateurs occupent souvent des positions élevées, mais cette position dépend du régime. Une espèce ne garde pas forcément la même alimentation durant toute sa vie. Les relations réelles forment un réseau ramifié, plutôt qu’une seule chaîne.
Le thon rouge de l’Atlantique et des poissons plus petits : une place alimentaire à préciser selon la taille et le régime.
Le thon rouge de l’Atlantique et des poissons plus petits : une place alimentaire à préciser selon la taille et le régime. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Détritivores et décomposeurs

L’holothurie tubuleuse avale du sédiment et se nourrit de particules qu’il contient. C’est un exemple de détritivore : un animal qui consomme de la matière issue de restes, avec les organismes qui lui sont associés.
Certaines bactéries et d’autres microorganismes, des êtres vivants invisibles à l’œil nu, dégradent les substances provenant des organismes. Une partie est transformée en substances minérales utilisables par les producteurs : c’est la minéralisation. Toute la matière n’est pas immédiatement minéralisée. Manger des débris et les transformer chimiquement sont des activités liées, mais différentes.
L’holothurie tubuleuse se nourrit dans le sédiment. L’encart montre schématiquement des microorganismes associés aux restes, sans échelle commune.
L’holothurie tubuleuse se nourrit dans le sédiment. L’encart montre schématiquement des microorganismes associés aux restes, sans échelle commune. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Comment les rôles écologiques sont-ils liés ?

Un herbier modifie l’habitat, nourrit des consommateurs et fournit des débris. Les filtreurs relient des particules en suspension aux animaux du fond. La prédation et la décomposition prolongent d’autres trajets. Ces fonctions peuvent donc se compléter sans être exercées par des espèces séparées.
La matière circule et peut être réutilisée. L’énergie suit aussi les repas, mais les organismes en dissipent une partie sous forme de chaleur pendant leur activité. Une nouvelle entrée d’énergie, souvent la lumière, est nécessaire. Le réseau ne fonctionne pas comme une boucle qui récupérerait toute son énergie.

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À vous de relier les rôles

Cinq questions sur les fonctions et leurs relations. Choisissez une réponse par question.

Comprendre les relations observées

Les rôles écologiques rendent visibles les liens entre alimentation, habitat et transformation des restes. Ils décrivent des fonctions, parfois cumulées par une espèce, dont les effets dépendent des conditions locales. Pour comprendre un milieu, il faut suivre ces relations et observer comment elles changent.

Sources

Fiches naturalistes et références utilisées pour vérifier les mécanismes et les exemples.