La vie secrète des polypes : comment fonctionne une colonie ?
Une branche de corail porte de nombreux polypes. Leurs tentacules attrapent de petites proies, mais la nourriture ne reste pas forcément là où elle a été capturée. Les tissus qui relient ces animaux permettent de comprendre le fonctionnement de la colonie.
À la surface d’une branche, une couronne de tentacules entoure chaque bouche. Elle appartient à un polype, l’un des animaux qui composent la colonie. Sa bouche mène à une poche digestive où la nourriture est transformée.
Chez le corail rouge, les polypes blancs portent huit tentacules pennés : chacun possède de petits prolongements latéraux, comme une plume. Les polypes des coraux pierreux des récifs ont généralement des tentacules non ramifiés.
Le courant amène du plancton, l’ensemble des organismes qui vivent en suspension dans l’eau et se déplacent au gré des courants. Les tentacules retiennent de petites proies puis les conduisent vers la bouche. Des cellules urticantes, capables de libérer un filament qui aide à capturer des proies, peuvent intervenir.
La digestion décompose le repas. Les cellules absorbent des nutriments, les substances utilisables provenant des aliments. Les restes non digérés peuvent ressortir par la bouche : le polype n’a pas d’anus.
Sur une branche de gorgone, des tissus vivants relient les polypes. Des canaux gastrovasculaires, de petits passages en communication avec leurs cavités digestives, traversent ces tissus.
Des substances issues de la digestion peuvent circuler vers d’autres parties de la colonie. Il n’y a pas de cœur qui pompe du sang. Les échanges dépendent de l’organisation de la colonie ; ils ne garantissent pas une distribution identique à chaque polype.
Un nouveau polype peut se former à partir des tissus de la colonie. C’est le bourgeonnement, une multiplication sans rencontre de cellules reproductrices. Le jeune polype développe sa bouche et ses tentacules tout en restant relié aux autres.
Ce mécanisme agrandit une colonie existante. Selon le corail, sa croissance peut produire des branches, des plaques ou des masses.
Chez le corail rouge, les colonies sont généralement mâles ou femelles. Les mâles libèrent des spermatozoïdes, les cellules reproductrices mâles. La fécondation, leur union avec les cellules reproductrices femelles, se produit dans les polypes femelles. Des larves y commencent leur développement.
Une larve libérée peut se fixer sur un support, puis se transformer en premier polype. Le bourgeonnement peut ensuite agrandir la colonie. D’autres coraux ont un cycle différent, avec une fécondation dans l’eau.
Les muscles du polype lui permettent de se contracter. Chez le corail rouge, la rétraction, le retrait du polype dans les tissus de la branche, peut être complète.
Un contact peut entraîner une fermeture. Le courant et d’autres conditions peuvent aussi modifier l’activité. Voir une colonie fermée ne suffit pas à savoir pourquoi elle s’est fermée.
L’oxygène dissous dans l’eau traverse les tissus fins et rejoint les cellules. Le dioxyde de carbone peut passer dans l’autre sens. Ces échanges se font par diffusion : des molécules se déplacent des zones où elles sont les plus concentrées vers celles où elles le sont moins.
Le mouvement de l’eau contribue à renouveler l’eau près des tissus. Les polypes n’ont ni poumons ni branchies.
Des supports différents
Le corail rouge possède un axe dur, le support central de ses branches. Les tissus vivants l’entourent. Ils contiennent aussi des sclérites, de petites pièces minérales.
La gorgone pourpre a un support central riche en matière organique, des substances produites par les êtres vivants. Il est plus souple. Les coraux pierreux forment un squelette minéral avec des loges où se trouvent les polypes. Ces supports ne sont pas construits de la même façon.
Certains coraux hébergent des symbiotes, des organismes qui vivent durablement en association avec eux. Ces partenaires microscopiques utilisent la photosynthèse : ils fabriquent de la matière organique, comme des sucres, à partir de lumière, d’eau et de dioxyde de carbone. Une partie de leurs produits nourrit le corail.
Le corail rouge et la gorgone pourpre n’abritent pas ces partenaires photosynthétiques. Ce que fait un corail de récif ne s’applique donc pas à tous les coraux.
Un polype peut capturer une proie ou se replier, tout en restant relié à la colonie. Les tissus communs permettent des échanges entre ses différentes parties.
Chez certains coraux, une blessure limitée peut se refermer. Cela ne signifie pas qu’une colonie survit à n’importe quelle lésion. L’espèce, l’étendue des dégâts et les conditions de vie comptent.
Cinq questions sur ce que vous venez de lire. Choisissez une réponse par question.
Quiz interactif
À vous de jouer
Question 1 sur 5Score : 0
1
Combien de tentacules porte un polype de corail rouge ?
Ses huit tentacules portent de petits prolongements qui leur donnent un aspect de plume.
2
Que permettent les canaux gastrovasculaires, les passages reliés aux poches digestives ?
Des substances issues de la digestion peuvent passer vers d’autres régions de la colonie.
3
Quelle différence distingue le bourgeonnement du départ d’une colonie à partir d’une larve ?
Le bourgeonnement forme un polype dans les tissus existants ; une larve fixée peut commencer une autre colonie.
4
Pourquoi une colonie peut-elle être fermée ?
Un contact et d’autres conditions peuvent modifier l’activité. Une observation seule ne donne pas la cause.
5
Que produit la photosynthèse, la fabrication de matière à l’aide de lumière, chez les partenaires de certains coraux ?
Une partie des produits fabriqués par les partenaires microscopiques peut nourrir le corail.
Résultat final
Quiz terminé
bonnes réponses
Comprendre ce que l’on observe
Une colonie associe des polypes capables de se nourrir à des tissus qui les relient. Le bourgeonnement la fait grandir, tandis qu’une larve peut commencer une autre colonie. Les connexions permettent des échanges, mais tous les coraux n’ont ni le même squelette ni les mêmes partenaires microscopiques.
Sources
Fiches naturalistes et publications utilisées pour vérifier les mécanismes décrits.