Sous les tentacules, un animal

Les tentacules d’un polype entourent sa bouche. Celle-ci conduit à une cavité gastrovasculaire, une poche interne où la nourriture est digérée et à partir de laquelle des substances peuvent circuler. La paroi comprend des cellules qui participent à la digestion et aux échanges avec l’eau.
Le corail rouge (Corallium rubrum) et la gorgone pourpre (Paramuricea clavata) appartiennent aux octocoralliaires, le groupe dont les polypes possèdent huit tentacules pennés, munis de ramifications latérales. Les coraux pierreux des récifs appartiennent à un autre groupe, généralement doté de tentacules simples.
Un polype de corail rouge, avec sa bouche et ses huit tentacules à petits prolongements latéraux.
Un polype de corail rouge, avec sa bouche et ses huit tentacules à petits prolongements latéraux. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Ce qui entre par une bouche

Une proie en suspension rencontre les tentacules. Sa capture peut faire intervenir du mucus, une substance visqueuse, et des cnidocytes, des cellules munies d’une capsule capable de libérer un filament. Leur contribution varie selon les espèces. Les tentacules amènent ensuite la proie vers la bouche.
Dans la cavité digestive, des enzymes, des substances qui accélèrent les réactions chimiques, décomposent les aliments. Des cellules absorbent les produits de cette décomposition ; certaines particules finissent d’être digérées dans les cellules. Les nutriments obtenus servent au fonctionnement du corps et à la fabrication de nouveaux tissus. Les restes non digérés peuvent sortir par la bouche.
La capture et le trajet d’un repas vers la poche digestive : représentation simplifiée.
La capture et le trajet d’un repas vers la poche digestive : représentation simplifiée. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Les chemins d’un repas dans la colonie

Chez une gorgone, le cœnenchyme, le tissu vivant commun qui entoure l’axe de soutien, relie les polypes. Il contient des canaux gastrovasculaires, des passages qui communiquent avec les cavités digestives. Chez les coraux pierreux coloniaux, les tissus communs établissent également des connexions.
Des substances issues d’un repas peuvent passer vers une autre région. Il ne faut pas imaginer une proie entière circulant nécessairement entre les bouches : les matières transportées peuvent déjà avoir été transformées par la digestion.
Des mouvements de liquide existent dans ces réseaux. Des cils, de très petits prolongements mobiles portés par des cellules, peuvent contribuer aux écoulements. Cette circulation ne repose pas sur un cœur et du sang. Elle ne garantit pas non plus un partage égal : les trajets et les besoins locaux peuvent différer.
Des passages dans les tissus vivants relient les polypes, autour du support solide.
Des passages dans les tissus vivants relient les polypes, autour du support solide. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Grandir par bourgeonnement

Au cours du bourgeonnement, la formation d’un nouveau polype à partir de tissus existants, une nouvelle bouche et des tentacules se mettent en place. Le jeune polype conserve des connexions avec la colonie.
Il s’agit d’une multiplication asexuée, sans fécondation, c’est-à-dire sans union de cellules reproductrices mâles et femelles. Les modalités varient : chez certains coraux pierreux, un bourgeon apparaît à l’extérieur de la couronne de tentacules. Ce mécanisme n’est pas identique chez tous les coraux.
Formation d’un nouveau polype chez un corail pierreux : un exemple de bourgeonnement, non commun à toutes les espèces.
Formation d’un nouveau polype chez un corail pierreux : un exemple de bourgeonnement, non commun à toutes les espèces. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Comment commence une colonie ?

La reproduction sexuée fait intervenir la fécondation, l’union de deux cellules reproductrices. Chez le corail rouge (Corallium rubrum), les colonies sont généralement de sexes séparés. Les mâles libèrent des spermatozoïdes dans l’eau. La fécondation et le début du développement se déroulent dans les polypes femelles.
La planula, une petite larve couverte de cils mobiles, est ensuite libérée. Si elle se fixe sur un support adapté, sa métamorphose, la transformation de son organisation, peut donner un premier polype. Le bourgeonnement développe ensuite la colonie. Chez d’autres coraux, la fécondation se produit dans l’eau.
Du développement d’une larve au premier polype : les étapes sont présentées séparément, sans échelle commune.
Du développement d’une larve au premier polype : les étapes sont présentées séparément, sans échelle commune. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Quand les polypes se ferment

Une contraction musculaire peut replier les tentacules. La rétraction, le retrait du polype dans les tissus ou dans sa loge selon l’espèce, peut aller plus loin qu’une simple fermeture. Le corail rouge (Corallium rubrum) peut retirer complètement ses polypes dans les tissus de la branche.
Le contact et des changements du milieu peuvent modifier leur activité. Une observation isolée ne permet pas d’attribuer la fermeture à la lumière ou au courant avec certitude. Le comportement dépend de l’espèce et des conditions.
Polypes de corail rouge déployés et complètement retirés dans les tissus de la branche.
Polypes de corail rouge déployés et complètement retirés dans les tissus de la branche. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Respirer sans poumons

L’oxygène dissous traverse les tissus par diffusion, le déplacement de molécules selon une différence de concentration. Le dioxyde de carbone produit par l’activité des cellules peut rejoindre l’eau. Des surfaces fines permettent ces échanges sans poumons ni branchies.
Le renouvellement de l’eau près des tissus influence les conditions d’échange. L’élimination de déchets produits par les cellules est distincte du rejet des restes alimentaires par la bouche.

Des supports différents

L’axe du corail rouge (Corallium rubrum) est fait de calcite magnésienne, un minéral calcaire contenant du magnésium. Ses tissus renferment des sclérites, de petites pièces minérales. Chez la gorgone pourpre (Paramuricea clavata), l’axe est riche en matière organique, des substances produites par les êtres vivants, et les tissus portent aussi des sclérites.
Les scléractiniaires, les coraux pierreux, construisent surtout un squelette d’aragonite, une autre forme minérale du calcaire. Les loges qui soutiennent leurs polypes ne sont pas l’équivalent des pièces dispersées dans les tissus d’une gorgone.
Comparaison schématique des supports du corail rouge, d’une gorgone et d’un corail pierreux.
Comparaison schématique des supports du corail rouge, d’une gorgone et d’un corail pierreux. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

La lumière, pour certains coraux

De nombreux coraux récifaux hébergent des symbiotes photosynthétiques : des partenaires microscopiques vivant dans leurs cellules et utilisant la lumière pour fabriquer de la matière organique, comme des sucres. Une partie de cette production rejoint le corail. Celui-ci fournit notamment un milieu de vie aux partenaires.
Le corail rouge (Corallium rubrum) et la gorgone pourpre (Paramuricea clavata) n’ont pas ces partenaires. Chez les coraux qui en possèdent, le blanchissement correspond à une diminution des symbiotes ou de leurs pigments, les substances qui leur donnent leur couleur. Un corail blanchi peut être encore vivant, mais son rétablissement n’est pas assuré.
Des partenaires microscopiques à l’intérieur des cellules de certains coraux ; le corail rouge n’en possède pas.
Des partenaires microscopiques à l’intérieur des cellules de certains coraux ; le corail rouge n’en possède pas. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Des polypes reliés, une colonie

Le fonctionnement de la colonie dépend des connexions entre les polypes. Chacun garde une bouche et des capacités de réaction. Les tissus communs permettent pourtant des échanges à une échelle plus grande que celle d’un seul polype.
Certaines espèces peuvent refermer des blessures et réorganiser leurs tissus. Cette réparation dépend de l’espèce, de la lésion et du milieu. Une partie morte peut rester voisine de tissus vivants sans que toute la colonie soit condamnée. Cela ne signifie pas que toute blessure sera réparée.
Une réparation locale des tissus, possible chez certains coraux : la récupération dépend de l’espèce et de la blessure.
Une réparation locale des tissus, possible chez certains coraux : la récupération dépend de l’espèce et de la blessure. © dive.explo360.fr — Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

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Comprendre ce que l’on observe

La vie coloniale repose sur une organisation concrète : des polypes reliés par des tissus vivants, des échanges de substances et une croissance par bourgeonnement. La reproduction sexuée peut commencer d’autres colonies. Les mécanismes de nutrition, les squelettes et la présence de partenaires photosynthétiques varient selon les groupes ; une observation sur un corail ne suffit pas à décrire tous les autres.

Sources

Fiches naturalistes et publications utilisées pour vérifier les mécanismes décrits.