
La Posidonie (Posidonia oceanica) est une plante marine endémique de Méditerranée. Contrairement aux algues, elle possède de véritables racines, des rhizomes, des feuilles, des fleurs et des fruits.
Ses longues feuilles sont regroupées en faisceaux. Sous le sédiment, les rhizomes progressent horizontalement ou verticalement et permettent à la plante d’occuper progressivement le fond.
Lorsque des milliers de faisceaux se développent côte à côte, ils forment un herbier, comparable par certaines de ses fonctions à une prairie ou une forêt terrestre.
Les rhizomes horizontaux permettent à la plante de coloniser progressivement le fond. Les rhizomes verticaux permettent aux faisceaux de poursuivre leur croissance lorsque les sédiments s’accumulent.
Cette progression est lente. Un herbier bien développé résulte donc d’une histoire qui peut s’étendre sur des décennies ou des siècles.
Cette lenteur explique aussi sa vulnérabilité : une zone rapidement dégradée peut demander très longtemps à se reconstituer.


Les feuilles réalisent la photosynthèse et offrent une grande surface à de nombreux organismes.
Les rhizomes relient les faisceaux, assurent la croissance de la plante et participent à la structuration du fond.
Les racines ancrent la plante et contribuent à stabiliser les sédiments.
La matte résulte de l’accumulation progressive des rhizomes, racines, sédiments et matière organique.
L’herbier construit donc progressivement son propre habitat.
Cette structure se développe sur de longues périodes. Elle contribue à stabiliser le fond et constitue également un important réservoir de carbone.
Une partie du carbone fixé grâce à la photosynthèse peut être enfouie et conservée dans cette structure et les sédiments associés.
La partie visible de l’herbier ne représente donc qu’une partie d’un édifice biologique beaucoup plus important.


La matière produite entre ensuite dans différents réseaux alimentaires, directement ou après sa décomposition.
Les feuilles mortes alimentent notamment un réseau détritique auquel participent microorganismes et animaux détritivores.
L’herbier est ainsi à la fois producteur de matière organique et moteur de nombreux échanges écologiques.
Ces organismes attirent à leur tour une microfaune variée.
Une seule feuille devient ainsi un véritable support biologique.
À différentes échelles, l’herbier est constitué d’une multitude de petits habitats superposés.


Crustacés, mollusques, échinodermes et poissons utilisent cet environnement pour s’abriter, se nourrir ou chasser.
Certaines espèces y vivent durablement ; d’autres ne font que le traverser.
L’herbier reste donc un habitat ouvert, connecté aux fonds rocheux, aux zones sableuses et à la pleine eau.
CONTENU AMIGANSEAU
La suite de cet article est réservée aux abonnés
Identifiez-vous avec votre licence AMIGANSEAU pour poursuivre immédiatement votre lecture.
Toutes les licences AMIGANSEAU actives donnent accès à l’article complet.Explorer le même univers






