
Mais cette « roche » n’en est pas toujours une.
Une partie du relief que nous observons est construite par des organismes vivants, couche après couche, pendant des siècles et parfois des millénaires.
C’est le coralligène.
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, ce ne sont pas les coraux qui en sont les principaux architectes. Le rôle essentiel revient à de discrètes algues rouges calcaires encroûtantes capables de fixer du carbonate de calcium dans leurs tissus.
En s'accumulant génération après génération, elles participent à la construction d'une structure minérale complexe sur laquelle s'installe une extraordinaire diversité d’organismes.
Observer le coralligène, c’est donc regarder simultanément un paysage, un écosystème et une construction biologique toujours en cours.
CONSTRUIRE
Les organismes constructeurs ajoutent progressivement de la matière à l’édifice.
CONSOLIDER
RECOMMENCER
Le coralligène grandit ainsi par accumulation successive.

LE CORALLIGÈNE DE TOMBANT
Les organismes peuvent coloniser les parois, les surplombs, les fissures et les cavités.
La structure devient très complexe.
Gorgones, éponges, bryozoaires, ascidies et autres organismes dressés transforment alors le relief en un véritable paysage en trois dimensions.
LE CORALLIGÈNE DE PLATEAU OU DE BANC
La lumière et surtout la sédimentation n'y agissent pas exactement comme sur une paroi verticale.
La physionomie peut être plus basse, irrégulière, fragmentée en blocs, bosses, cuvettes et cavités.
Mais le principe reste identique : construction biologique, croissance lente et compétition permanente pour l’espace.

Rouge, orange, jaune, rose, violet… Le coralligène est l’un des paysages les plus colorés de Méditerranée, alors même qu’il se développe dans une lumière atténuée.
Ces couleurs ne sont pas nécessairement faites pour être vues. Elles proviennent de pigments qui peuvent servir à la photosynthèse chez les algues, participer à la protection des cellules ou à différents mécanismes biologiques chez les éponges, gorgones, ascidies ou bryozoaires.
Et contrairement à une idée reçue, les poissons ne voient pas tous de la même façon. Leur perception des couleurs varie selon les espèces et surtout selon la lumière disponible.
En profondeur, les rouges et les orangés sont fortement atténués et paraissent sombres. Le phare du plongeur réintroduit ces longueurs d’onde et révèle alors une palette qui était présente, mais devenue presque invisible.
Le phare ne crée pas les couleurs du coralligène : il les révèle.

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